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antiquités, mon histoire, tout fut pour le caps, disant que je m'exerçais à faire de la fa s oublié; je ne me souvenais pas même qumonnaie, parce que nos médailles avaient les t eu des Romains au monde. Mon peres de la république. Je puis b'en jurer qu avais nulle idée de la fausse monnaie, et t d je l'allais voir, ne trouvait plus en moise

; je n'étais plus pour les dames le galant peu de la véritable: je savais mieux commen -Jacques; et je sentais si bien moi-même faisaient les as romains que nos pièces de t

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sieur et mademoiselle Lambercier n'auraie

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La tyrannie de mon maître finit par me re

reconnu en moi leur élève, que j'eus he Le représenter à eux, et ne les ai plus rev supportable le travail que j'aurais aimé, et is lors. Les goûts les plus vils, la plus las me donner des vices que j'aurais haïs, tels qu Sonnerie, succédèrent à mes aimables as mensonge, la fainéantise, le vol. Rien ne us, sans m'en laisser même la moindre deux appris la différence qu'il y a de la de dence filiale à l'esclavage servile, que le sou at que, malgré l'éducation la plus honné un grand penchant à dégénérer; car na des changemens que produisit en moi cette très-rapidement, sans la moindre peine; que Naturellement timide et honteux, je s César si précoce ne devint si promptemes mais plus d'éloignement pour aucun défau

on.

usait assez; et comme le talent du grave

pour leffronterie. Mais j'avais joui d'une li

métier ne me déplaisast pas en lui-même bonnète,qui seulement s'était restreinte jus = un goût vif pour le dessin, le jeu du bara par degrés, et s'évanouit enfin tout-à-fait. J atteindre la perfection. Jy serais pares en maitre, et dès lors je fus un enfant p l'horlogerie est très-borné, j'avais l'esp discret chez mon oncle; je devins craintif ive ne m'avaient rebuté du travail. Jeneurs dans la manière de vivre, à ne pas c tre, si la brutalité de mon maître et la gen Accoutumé à une égalité parfaite avec mes

e

is mon temps pour l'employer en occup u même genre, mais qui avaient pour me t de la liberté. Je grayais des espèces les pour nous servir, à moi et à mes cam d'ordre de chevalerie. Mon maitre me su

tre un

plaisir qui ne fût à ma portée, à ne p un mets dont je n'eusse ma part,

à n'avoir

desir que je ne témoignasse, à mettre enf

les mouvemens de mon cœur sur ines

quon jage de ce que je dus devenir da

ce travail de contrebande, et me roua maison où je n'osais pas ouvrir la bouch

Les Confession. 1.

5

fallait sortir de table au tiers du repas, et de la chambre aussitôt que je n'y avais rien à faire; où, sans cesse enchaîné à mon travail, je ne voyais qu'objets de jouissances pour d'autres et de privations pour moi seul; où l'image de la liberté du maitre et des compagnons augmentait le poids de mon assujettissement; où, dans les disputes sur ce que je savais le mieux, je n'osais ouvrir la bouche; où tout enfin ce que je voyais devenait pour mon cœur un objet de convcitise, uniquement parce que j'étais privé de tout. Adieu l'aisance, la gaieté, les mots heureux qui jadis souvent dans mes fautes m'avaient fait échapper au châtiment. Je ne puis me rappeler sans rire qu'un soir, chez mon père, étant condamné pour quelque espièglerie à m'aller coucher sans souper, et passant par la cuisine avec mon triste morceau de pain, je vis et flairai le rôti tournant à la broche. On était autour du feu: il fallut en passant saluer tout le monde. Quand la ronde fut faite, lorgnant du coin de l'oeil ce rôti qui avait si bonne mine et qui sentait si bon, je ne pus m'abstenir de lui faire aussi la révérence, et de lui dire, d'un ton piteux, Adieu, roti. Cette saillie de naïveté parui si plaisante, qu'on me fit rester à souper. Peut-être eût-elle eu le même bonheur chez mon maitre, mais il est sûr qu'elle ne m'y serait pas yenue, ou que je n'aurais osé m'y livrer.

Voilà comment j'appris à convoiter en silence, à me cacher, à dissimuler, à mentir, et à derobe.

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et de l

e table au tiers du repas, tôt que je n'y avais rien à faire; ou -haîné à mon travail, je ne voya d'autres et de pr Duissances pour d'autres et de pr noi seal; où l'image de la libertet compagnons augmentait le poils Ssement; où, dans les disputes s

La

pas

enfin; fantaisie qui jusqu'alors ne m'était
nue, et dont je n'ai pu depuis lors bien me gue
convoitise et l'impuissance mènent toujours
Voilà pourquoi tous les laquais sont fripons
pourquoi tous les apprentis doivent l'ètre:
dans un état égal et tranquille, où tout ce q
voient està leur portée, ces derniers perden

pu tirer le

ais le mieux, je n'osais ouvrir grandissant ce honteux penchant. N'ayant pa Out enfin ce que je voyais derepar le mème avantage, je n'en ai ur un objet de convcitise, unique ue j'étais privé de tout. Adieu lä té, les mots heureux qui jadis so

profit.

Ce sont presque toujours de bons senti mal dirigés qui font faire aux enfans le pre

es fautes m'avaient fait échapper pas vers le mal. Malgré les privations et les t ne puis me rappeler sans rire qua n père, étant condamné pour qu

tions continuelles, j'avais demeuré plus d' chez mon maître sans pouvoir me résoudre e à m'aller coucher sans souper, prendre, pas même des choses à manger.

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premier vol fut une affaire de complaisance il ouvrit la porte à d'autres qui n'avaient pa

cuisine avec mon triste morceau s et flairai le rôti tournant à la br autour du feu: il fallut en passa si louable fin. monde. Quand la ronde fut faite. in de l'oeil ce rôti qui avait si bonte entait si bon, je ne pus m'abstent ssi la révérence, et de lui dire, du dieu, roti. Cette saillie de nave nte, qu'on me fit rester à souper. elle eu le même bonheur chez me il est sûr qu'elle ne m'y serait pas je n'aurais osé m'y livrer. ent j'appris à convoiter en silence dissimuler, à mentir, et à derobe

Il y avait chez mon maître un compagn pelé M. Verrat, dont la maison, dans le vois avait un jardin assez éloigné qui produi tres-belles asperges. Il prit envie à M. Vern n'avait pas beaucoup d'argent, de voler à s des asperges dans leur primeur, et de les pour faire quelques bons déjeûners. Com voulait pas s'exposer lui-même, et qu'il n' fort ingambe, il me choisit pour cette exp Après quelques cajoleries préliminaires, Bagnèrent d'autant mieux que je n'en vo

le but, il me la proposa comme une idée qui lui venait sur-le-champ. Je disputai beaucoup; il insista. Je n'ai jamais pu résister aux caresses; je me rendis. J'allais tous les matins moissonner les plus belles asperges; je les portais au Molard, où quelque bonne femme, qui voyait que je venais de les voler, me le disait pour les avoir à meilleur compte. Dans ma frayeur je prenais ce qu'elle voulait bien me donner; je le portais à M. Verrat. Cela se chan geait promptement en un déjeûner dont j'étais le pourvoyeur, et qu'il partageait avec un autre camarade; car pour moi, très-content d'en avoir quelques bribes, je ne touchais pas même à leur

vin.

Ce petit manège dura plusieurs jours sans qu'il me vint même à l'esprit de voler le voleur, et de dimer sur M. Verrat le produit de ses asperges. J'exécutais ma friponnerie avec la plus grande fi délité; mon seul motif était de complaire à celui qui me la faisait faire. Cependant si j'eusse été surpris, que de coups, que d'injures, quels trai temens cruels n'eussé-je point essayé, tandis que le misérable, en me démentant, eût été cru sur sa parole, et moi doublement puni pour avoir osé le charger, attendu qu'il était compagnon et que je n'étais qu'apprenti! Voilà comment en tout état le fort coupable se sauve aux dépens du faible

innocent.

J'appris ainsi qu'il n'était pas si terrible de voler que je l'avais cru; et je tirai bientôt si bon parti

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comme une idée qui hi champ. Je disputai beaucoup; il

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ma science, que

età ma portée en sûreté. Je n'étais pas abso ment mal nourri chez mon maître, et la sobri

rien de ce que je convoit

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amais pu résister aux caresses; je ne s tous les matins moissonner les pistait pénible qu'en la lui voyant si mal g es; je les portais au Molard, où que nme, qui voyait que je venais isait pour les avoir à meilleur comple

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que

quand on y sert ce qui les tente le plus me pat très-bien entendu pour les rendre aussi friar eur je prenais ce qu'elle voulait fripon. Je devins en peu de temps l'un le portais à M. Verrat. Cela serbas autre, et je m'en trouvais fort bien pour l'or -ment en un déjeuner dont j'étaisaire, quelquefois fort mal quand j'étais surp

et qu'il partageait avec un autre ce pour moi, très-content de av Des, je ne touchais pas même ile

nége dura plusieurs jours sans

squil

Un souvenir qui me fait frémir encore et tout à la fois est celui d'une chasse aux pom qui me coûta cher. Ces pommes étaient au d'une dépense qui, par une jalousie élevée, rec jour de la cuisine. Un jour que j'étais seul

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= à l'esprit de voler le voleur, er de maison, je montai sur la maie pour regarder

Verrat le produit de ses asperges

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jardin des Hespérides ce précieux fruit do

friponnerie avec la plus grande fe pouvais approcher. J'allai chercher la br

ul motif était de complaire à celu

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pour voir si elle y pourrait atteindre : elle it faire. Cependant si j'eusse été courte. Je l'allongeai par une autre broche qui servait pour le menu gibier; car maitre aimait la chasse. Je piquai plusieu sans succès; enfin je sentis avec transport menais une pomme. Je tirai très-doucement pomme touchait à la jalousie, j'étais pr saisir. Qui dira ma douleur? La pomme éta grosse, elle ne put passer par le trou. Qu ventions ne mis-je point en usage pour la fallut trouver des supports pour tenir la br cta, un couteau assez long pour fendre la p

coups, que d'injures, quels trai n'eussé-je point essayé, tandis que me démentant, eût été cru sur sa doublement puni pour avoir ose le u qu'il était compagnon et que r enti! Voilà comment en tout état e se sauve aux dépens du faible

qu'il n'était pas si terrible devoler u; et je tirai bientôt si bon parti

la

5.

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