Images de page
PDF
ePub

e; c'était déroger q

PARTIE I, LIVRE I.

69

at les liaisons ne ces maltre. Rien n'était plus convenable à mon hu-
et coeur, ni plus propre à me rendre heureux, que
Ire nous; et comme
turel, il suivait queat tranquille et obscur d'un bon artisan, dans
leçons de sa mèrertaines classes surtout, telle qu'est à Genève
cale
le des graveurs. Cet état, assez lucratif pour
une subsistance aisée,

[ocr errors]

accourut, non pe

er, mais pour je

e agrément dans n

urces ne pourales:

doaner

et pas

assez pour

mener à la fortune, eût borné mon ambition pour le reste de mes jours; et, me laissant un loisir hon na entre autres znète pour cultiver des goûts modérés, il m'eût contenu dans ma sphère sans m'offrir aucun moyen den sortir. Ayant une imagination assez riche pour orner de ses chimères tous les états, assez

pris, et que j'ai port 'en fit défaire, et dit, au travers d

is à la manière de puissante pour me transporter, pour ainsi dire, à

ce moment critique il suivit les instruc

re de son père;

[ocr errors]

mon gré de l'un à l'autre, il m'importait peu dans lequel je fusse en effet. Il ne pouvait y avoir si loin du lieu où j'étais au premier château en Esi-même il n'etagne, qu'il ne me fût aisé de m'y établir. De cela r, ou qu'il n'eut seul, il suivait que l'état le plus simple, celui qui

nt. Il m'encourag ne m'en détourta Esolu, il me quit

as ne nous somme

mage: il était du

donnait le moins de tracas et de soins, celui qui laissait l'esprit le plus libre, était celui qui me convenait le mieux; et c'était précisément le mien. J'aurais passé dans le sein de ma religion, de ma patrie, de ma famille, et de mes amis, une vie Lous étions field et douce, telle qu'il la fallait à mon caractère, dans l'uniformité d'un travail de mon goût et d'une société selon mon cœur. J'aurais été bon chrétien, bon citoyen, bon père de famille, bon ami, bon ouvrier, bon homme en toute chose. J'aurais aimé mon état, je l'aurais honoré peutetre; et après avoir passé une vie obscure et sim

la fatalité

de

e tourner un mo

tendait nature ains d'un melle

ple, mais égale et douce, je serais mort paisiblement dans le sein des miens. Bientôt oublié, sans doute, j'aurais été regretté du moins aussi longtemps qu'on se serait souvenu de moi.

Au lieu de cela..... Quel tableau vais-je faire! Ah! n'anticipons point sur les misères de ma vie; je n'occuperai que trop mes lecteurs de ce triste sujet.

[merged small][ocr errors]
[blocks in formation]
[ocr errors]

LIVRE SECOND.

(1728-1731.)

AUTANT le moment où l'effroi me suggéra le projet de fuir m'avait paru triste, autant celui où je lexécutai me parut charmant. Encore enfant, quitter mon pays, mes parens, mes appuis, mes ressources; laisser un apprentissage à moitié fait sans savoir mon métier assez pour en vivre; me livrer aux horreurs de la misère sans voir aucun moyen d'en sortir; dans l'âge de la faiblesse et de Tinnocence, m'exposer à toutes les tentations du vice et du désespoir; chercher au loin les maux, les erreurs, les piéges, l'esclavage et la mort, sous un joug bien plus inflexible que celui que je n'avais pu souffrir: c'était là ce que j'allais faite, cétait la perspective que j'aurais dû envisager. Que celle que je me peignais était différente! le seal sentiment qui m'affectait. Libre et maître L'indépendance que je croyais avoir acquise était de moi-même, je croyais pouvoir tout faire, atteindre à tout: je n'avais qu'à m'élancer pour m'elever et voler dans les airs. J'entrais avec sécurité dans le vaste espace du monde; mon mérite allait le remplir; à chaque pas j'allais trouver des

festins, des trésors, des aventures, des amis prêts à me servir, des maitresses empressées à me plaire en me montrant j'allais occuper de moi l'univers; non pas pourtant l'univers tout entier, je l'en dispensais en quelque sorte, il ne m'en fallait pas tant; une société charmante me suffisait sans m'embarrasser du reste. Ma modération m'inscrivait dans une sphère étroite, mais délicieusement choisie, où j'étais assuré de régner. Un seul chàteau bornait mon ambition: favori du seigneur et de la dame, amant de la demoiselle, ami du frère et protectcur des voisins, j'étais content; il ne m'en fallait pas davantage.

En attendant ce modeste avenir, j'errai quelques jours autour de la ville, logeant chez des paysans de ma connaissance, qui tous me reçurent avec plus de bonté que n'auraient fait des urbains. Ils m'accueillaient, me logeaient, me nourrissaient trop bonnement pour en avoir le mérite. Cela ne pouvait pas s'appeler faire l'aumône; ils n'y ettaient pas assez l'air de la supériorité.

A force de voyager et de parcourir le monde, j'allai jusqu'à Confignon, terres de Savoie à deux lieues de Genève. Le curé s'appelait M. de Pontverre. Ce nom fameux dans l'histoire de la république me frappa beaucoup. J'étais curieux de voir comment étaient faits les descendans des gentilshommes de la Cuiller (*). J'allai voir M. de

(*) Ces gentilshommes, sujets du duc de Saroic, étaient

es, des amis Patverra: il me reçut bien, me parla de l'hérésie essées à me de Genève, de l'autorité de la sainte mère Eglise, de moi l'et me donna à diner. Je trouvai peu de choses à entier, je le répondre à des argumens qui finissaient ainsi, et e m'en fallangeai que des curés chez qui l'on dinoit si bien valaient tout au moins nos ministres. J'étais cer

me suffisait

dération mis tainement plus savani c M. de Pontverre, tout is délicieuse gentilhomme qu'il était ; mais j'étais trop bon conner. Un seul vive pour e si bon théologien; et son vin de ori da se Frangi, qui me parut excellent, argumentait si elle, ami du victorieusement pour lui, que j'aurais rougi de

is content;

fermer la bouche à un si bon hôte. Je cédais donc,

ou du moins je ne résistais pas en face. A voir les Enir, jerrai caménagemens dont j'usais, on m'aurait cru faux. ant chez des On se fut trompé; je n'étais qu'honnête, cela est ous me re certain. La flatterie, ou plutôt la condescendance, n'est pas toujours un vice; elle est plus souvent une vertu, surtout dans les jeunes gens. La bonté laquelle un homme nous traite nous attache

fait des

me nourris

le mérite. (e!

ériorité.

[ocr errors]

avec

umône; à lui: ce n'est pas pour l'abuser qu'on lui cède, c'est pour ne pas l'attrister, pour ne pas lui rendre Durir le mont le mal pour le bien, Quel intérêt avait M. de ainsi nommés parce que, ennemis des Génevois qu'ils s'étaient

e Savoie & ait M. de Po stoire de lar!

ais curieux

antes de

manger

lement une cuiller pendue à leur cou. De 1527 à 1530 ils à la cuiller, ils portaient comme signe de ralfrent beaucoup de mal à la ville, qu'ils tentèrent deux fois endans des d'escalader sous la conduite de François de Pontverre leur capi Jai voir ise; mais ils échouèrent dans toutes leurs entreprises; lew chef fut tué; et depuis 1530 que tous leurs châteaux furent bru les, il n'est plus question d'eux dans l'histoire de Genève. Voye Spon, Hist. de Genève, in-4°, t. I, pag. 190 et suiy.

[ocr errors]

Les Confessions. I.

« PrécédentContinuer »