même, parce qu'elle veut qu'il soit lui-même son chemin, son objet et sa dernière fin. Ensuite de ces prières, elle conçoit qu'elle doit agir conformément à ses nouvelles lumières. Elle commence à connoître Dieu, et désire d'y arriver; mais comme elle ignore les moyens d'y parvenir, si son désir est sincère, véritable, elle fait la même chose qu'une personne qui, désirant arriver à quelque lieu, ayant perdu le chemin et connoissant son égarement, auroit recours à ceux qui sauroient parfaitement ce chemin : elle consulte de même ceux qui peuvent l'instruire de la voie qui mène à ce Dieu qu'elle a si long-temps abandonné. Mais en demandant à la connoitre, elle se résout de conformer à la vérité connue le reste de sa vie; et comme sa foiblesse naturelle avec l'habitude qu'elle a au péché où elle a vécu l'ont réduite dans l'impuissance d'arriver à la félicité qu'elle désire, elle implore de sa miséricorde les moyens d'arriver à lui, de s'attacher à lui, d'y adhérer éternellement. Tout occupée de cette beauté si ancienne et si nouvelle pour elle, elle sent que tous ses mouvements doivent se porter vers cet objet; elle comprend qu'elle ne doit plus penser ici-bas qu'à adorer Dieu comme créature, lui rendre grâces comme redevable, lui satisfaire comme coupable, le prier comme indigente, jusqu'à ce qu'elle n'ait plus qu'à le voir, l'aimer, le louer dans l'éternité. LA A pièce suivante se trouva écrite de la main de Pascal, sur un petit parchemin plié, et sur un papier écrit de la même main. Le parchemin et le papier, dont l'un étoit une copie fidèle de l'autre, étoient cousus dans la veste de Pascal, qui, depuis huit ans, pienoit la peine de les coudre et découdre lorsqu'il changeoit d'habit. L'original de cet écrit est dans la bibliothèque impériale. Voici de quelle manière il est figuré. Il y a loin de là au traité de la Roulette, et rien ne nous paroît plus propre à expliquer comment toutes ces pensées trouvées dans les papiers de Pascal ont pu sortir d'une même tête. L'auteur de la Roulette en a fait quelques-unes, le reste est l'ouvrage de l'auteur de l'Amulette. C. Lundy 23. Novre, jour de St. Clément, FEV. Dieu d'Abraham. Dieu d'Isaac. Dieu de Jacob, non des philosophes et sçauans. Joye Certitude joye certitude sentiment veuë DIEU DE JESUS-CHRIST. Deum meum et Deum vestrum. Joh. 20. 17. Oubly du monde et de tout hormis DIEV connu, mais je t'ay connu. Joh. 17. Dereliquerunt me fontem aque viva Mon Dieu me quitterez-vous Que je n'en sois pas séparé éternellement. Cette est la vie éternelle. Qu'ils te connoissent, seul vrai Dieu et celui que tu as envoyé JESUS-CHRIST. JESUS-CHRIST. Je m'en suis séparé Je l'ai fui, renoncé, crucifié Il ne se conserue que par les voyes enseignées RENONTIATION TOTALE ET DOUCK. 1 Soumission totale à Jesus-Christ et à mon Directeur. Eternellement en joye pour un jour d'exercice sur la terre. Non obliuiscar sermones tuos. Amen. On n'a pu voir distinctement, que certains mots de ces dernieres lignes. Chapit. et Paragrap. des | Part. Articles et Paragr. Les éditions anciennes étant moins amples que celle de M. Bossut et les deux miennes, il en résulte que, dans la seconde table ou parallèle qui va suivre, les paragraphes qui se trouvent de plus dans nos trois éditions n'auront point de chiffres renvoyant aux éditions anciennes, dans lesquelles ils n'existent point. |