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blème d'Achille et de la Tortue, peut se retrouver, par un choix convenable des données, dans la solution du problème de l'« aberration » pour le son. Voilà !

Puis suivent des considérations plus sérieuses sur l'expérience de Michelson, l'interprétation de Lorentz et la solution d'Einstein.,

Mais à la page 36, l'auteur reproche à Einstein de ne pas permettre de « remonter le cours du temps, « et cela, parce que la théorie nous met en présence « d'une racine carrée qui deviendrait imaginaire. « Cette timidité devant la mathématique deconcerte « après tant d'audace devant la physiologie. Telle « une femme, après avoir bravé un tigre, tremble << devant une souris. ».

... Au point de vue philosophique, c'est sa faibles. « Le temps ne se mesure pas seulement aux oscilla<<tions du pendule fût-ce à celles d'un hypothétique << pendule lumineux ! mais l'écoulement du sable « de la clepsydre, à la combustion (du flambeau). La << vieillesse n'est pas réglée uniquement par les batte<< ments du cœur, mais par la lente usure chimique « du rein, du foie, du cerveau. Pourquoi l'inexorable « déchéance serait-elle ralentie partout suivant une « loi unique, en fonction de la vitesse de la lumière ? « A cette question trop difficile on ne tente même pas de répondre. La théorie ignore volontairement « l'univers chimique et l'univers physiologique. Elle « ne connaît que l'univers visuel, ou, si l'on préfère électromagnétique.» (p. 37-38)

Réponse. Pardon, il suffit de considérer que tous les phénomènes peuvent servir d'horloges, à condition d'être répétés dans des conditions analogues, toutes choses égales d'ailleurs, et que toutes les horloges ainsi constituées seront toujours d'accord entre elles, pourvu qu'elles soient suffisamment voisines et immobiles les unes par rapport aux autres. Cela, tout le monde l'a admis jusqu'ici, implicitement ou explicitement. C'est ce que j'ai appelé le principe des temps propres. Ce principe est suffisant pour pouvoir appliquer correctement aux phénomènes physiques, chimiques et physiologiques les lois de la Relativité.

M. BERTHELOT.

« A lire Einstein, on croirait que « les hommes ne communiquent entre eux que par signaux lumineux. Qui nous empêche de raisonner « de même pour les autres sens ? Un auditeur qui s'éloigne d'un concert à raison de 340 mêtres par seconde, entend indéfiniment la même note (p. 38).

Réponse. Oh !!... Mais il n'entend rien du tout, car pour entendre un son, il faut percevoir une série de vibrations, or l'auditeur en question s'éloigne toujours en même temps que la même vibration, qui l'accompagne...

M. BERTHElot. «< Ainsi nous pouvons méta« physiquement imaginer autant de mesures du temps << que nous avons de sens. Il y aurait un temps pour

le musicien, un autre pour le peintre. Aux uns << comme les autres, le mouvement procure la jeunesse éternelle, mais celie du sourd n'est pas celle de l'aveugle. Faites votre choix !

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«. Il y a plus; même dans le domaine visuel, la « théorie ne nous présente que l'image du monde << purement idéal. Tout s'y passe dans le vide. Est-ce « un symbole ? Cette vitesse de 300.000 kilomètres « à l'heure qui règle le cours du temps, n'est telle « que dans l'espace interplanétaire. Dans l'air elle « n'est plus que 299 910 kilomètres. Dans l'eau, « elle tombe à 225.000 kilomètres. L'immortalité « du poisson ne saurait être celle de l'homme. Déjà « le doux saint François d'Assise avait imaginé un << paradis de deuxième zone pour les bêtes. »

Plaisanterie à part, il y a là de graves erreurs : D'abord, comment un physicien aussi éminent que M. Berthelot, membre de l'Académie des Sciences, peut-il ignorer les travaux de Sommerfeld et de Léon Brillouin ? La vitesse d'un signal lumineux, dans l'eau comme dans l'air, est toujours la même, c, et elle est différente de la vitesse de phase...

Et puis ce n'est pas le fait que la vitesse c (300.000 kilomètres à la seconde) est celle des signaux (lumineux) qui nous oblige à la considérer comme vitesse limite et la fait introduire dans les équations de Lorentz: c'est le fait que cette vitesse est celle d'une propagation isotrope, et isotrope quelle que soit la vitesse de l'observateur.

Or il ne peut y avoir plusieurs vitesses correspondant à des propagations isotropes quel que soit le système de référence : la vitesse du son dépend étroitement du milieu qui le propage, tandis que la propagation de la lumière dans le vide est toujours rigoureusement

isotrope (et dans l'air, avec une très grande approximation qui rend l'erreur négligeable).

La théorie de la relativité admet fort bien qu'on puisse envoyer des signaux à une vitesse plus faible que c (celle du son, par exemple), mais le raisonnement du train et de la voie, si on le répète dans ce cas, ne nous donne plus rien du tout, parce que, si le son se propage d'une manière isotrope par rapport à la voie, il ne peut pas se propager d'une manière isotrope par rapport au système de référence du train. Le raisonnement qui sert à établir les équations de Lorentz où s'introduit la vitesse c de la lumière, ne peut servir à établir des équations semblables où s'introduirait la vitesse du son.

Et ceci est capital, car l'erreur de M. Berthelot est celle où sont tentés de tomber tous les débutants qui commencent l'étude de la Relativité... quand ils n'ont pas encore bien compris.

M. Daniel Berthelot feint de croire que les relativistes, en disant que le temps est relatif, recherchent une recette pour vivre plus longtemps, de même que les vieux alchimistes pâlissaient sur leurs cornues pour des recettes d'elixir de longue vie ! Mais nous avons vu qu'à 100.000 kilomètres à la seconde, on arriverait à peine à gagner 2 minutes en une demiheare! Et même si on arrivait à la vitesse qui permettrait de vivre 2 ans pendant que les habitants de la terre vivraient 200 ans, le temps qu'on gagnerait ainsi ne profiterait à personne. puisqu'on ne pourrait pas travailler ni jouir plus, pendant ces 2 ans de voyage, que pendant 2 années ordinaires (Voir à ce sujet le chapitre sur M. Bergson).

L'auteur feint aussi de croire que la quatrième dimension des relativistes (le temps) est la même que celle où certains mathématiciens spiritualistes comme H. Laurent, ont placé les âmes et les purs esprits... D'après lui, les relativistes disent : « Cette quatrième

dimension, ou croyants et spirites placent les âmes « des morts, elle existe. La science la démontre. Nos « sens imparfaits ne la perçoivent pas. Mais perçoi<< vent-ils mieux les mystérieuses ondulations de la « télégraphie sans fil, qui parcourent l'espace en tous << sens ? »

Vraiment, l'artifice est un peu grossier: cette quatrième dimension des relativistes, c'est le temps, le temps vulgaire, de sorte que l'ensemble de l'espace à 3 dimensions et de la quatrième qui est le temps, constitue un Univers qui est un « Espace-Temps » et non pas un «< espace à quatre dimensions »; la quatrième dimension en question n'est assimilable à une longueur. que si on la multiplie, par 1; or, je ne ferai pas à M. Daniel Berthelot l'injure de supposer qu'il ignore la signification de y-1: c'est «l'imaginaire» des mathématiciens...

De sorte qu'après toute cette série d'erreurs et d'incompréhensions présentées sous une forme humoristique par M. Daniel Berthelot, je ne peux que répéter, en manière de conclusion, ce que j'ai été obligé de dire tout à l'heure à propos de l'immortalité des peintres, des musiciens et des poissons: Plaisanteries à part. il y a là de graves erreurs...

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