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« mais tous identiquement de la même manière, à la << seule condition de ne pas éplucher, ne sont rien moins que claires » (p. 19).

Réponse. Cherchons donc, avec Einstein, à les

éclaircir !

-

M. BOUASSE.« Si nous ergotons (1) dessus, nous << n'avons aucune peine à chcir dans une épaisse mélasse. Mais si comme conséquence de cette analyse, a les notions d'espace, de temps... perdent leur clarté << intuitive. est-il besoin de montrer qu'alors tout << fiche le camp: il ne nous reste plus d'autre occupa<tion raisonnable que de nous contempler le nombril. » Réponse. Le fait que la « clarté intuitive» se transforme en << épaisse mélasse » aussitôt qu'on essaye d'analyser, montre bien qu'il s'agit d'une clarté illusoire venant d'un ensemble d'habitudes d'esprit : il est justement très bon d'analyser les notions d'espace et de temps, comme l'a fait Einstein, pour s'apercevoir que certaines de ces habitudes peuvent être complètement inutiles, alors que d'autres sont indispensables. Discerner les unes des autres est, ne vous en déplaise Monsieur Bouasse, autrement raisonnable que de contempler votre nombril (Ceci dit sans injure, bien entendu).

(1) M. Bouasse admet sans doute implicitement les définitions suivantes :

Ergoter discuter, en parlant de ses adversaires ;

Epaisse mélasse: raisonnement fait par ses adversaires; etc., ces définitions une fois « fixées (comme il a fixé le sens des mots raisonnable et absurde), il est clair qu'il n'y a d'injure pour per

sonne...

M. BOUASSE.

« Vous connaissez tous le fameux << corollaire dont on nous a rabattu les oreilles (rendons «< cette justice aux disciples d'Einstein qu'ils n'atté« nuent rien): ce que le monsieur qui va dans la Lune « trouve à son retour...

« Comine un sorite bien fait ne montre que ce que « les prémisses contiennent, vous pouvez conclure « que ces prémisses sont contradictoires avec les « données intuitives de notre cerveau, avec ce que « Descartes appelle l'évidence, et ce que nous appelle« rons le sens commun.

« DONC NOUS N'IRONS PAS PLUS AVANT DANS LA THEORIE» (p. 20).

Réponse. Ce corollaire, pas plus que les prémisses, ne contient rien qui contredise les fondements de la raison, mais seulement certains résultats (nullement nécessaires, si on y regarde de près) de notre expérience quotidienne; or, cett expérience quotidienne se réduisant à considérer des vitesses très faibles rien d'étonnant à ce qu'elle soit infirmée aux grandes valeurs de v; nous avons des cas analogues dans toute la Physique, n'est-ce pas M. Bouasse?

Ainsi, pour prendre un exemple connu de tout le monde, il est certain qu'on a cru pendant longtemps que toutes les verticales étaient parallèles la verticale était, par définition, la ligne qui va du haut en bas, et l'«< essence » du haut était de ne point être bas, et celle du bas d'être le contraire du haut... Il semblait donc contradictoire avec l'évidence, en tout cas avec le sens commun, qu'il pût y avoir des observateurs pour qui le haut n'était pas le même que pour nous,

et même certains d'entre eux employant avec raison le mot haut pour ce que nous désignons par le bas et inversement... Il est bien amusant de relire les vieilles controverses à ce sujet : on y voit les adversaires de la rotondité de la terre employer contre les << antipodes exactement les mêmes arguments que M. Bouasse contre les théories d'Einstein: à toutes les époques il y eu a des « attardés »...

ii

M. BOUASSE.

« C'est se moquer du monde et << tromper le public que déclarer le résultat de Mi«chelson et Morley incompatible avec toute autre « théorie que celle d'Einstein : que la théorie d'Einstein « découle 'ogiquement de votre manière d'interpréter «< cette expérience, d'accord; MAIS VOTRE INTERPRÉ«TATION N'A RIEN DE NÉCESSAIRE » (p. 22).

Réponse.

L'expérience de Michelson et Morley est une des nombreuses preuves (et certes pas la meilleure) de l'isotropie de la propagation de la lumière, quel que soit le système de référence choisi; pour interpréter cette isotropie il est indispensable d'adopter la théorie d'Einstein, je crois l'avoir démontré (p. 23)

Du reste, je serais curieux de savoir quelle est l'interprétation Bouasse de l'isotropie de propagation de la lumière dans tous les systèmes de référence ?

M. BOUASSE. «< ce tumulte est

« Morley (p 17).

« Vous savez que l'origine de tout une expérience de Michelson et

«< Avec l'éther, nous expliquons, non pas trois

petits (1) phénomènes du second ordre, comme la << théorie d'Einstein, (expérience de Michelson-Morley, << mouvement du périhélie de Mercure, déflexion de << la lumière) mais des milliers de gros phénomènes. » (p. 15). «

<< Notre éther explique des milliers de gros phénoménes.» (p. 22).

Réponse. D'abord, disons bien haut que la théorie d'Einstein explique, elle aussi, tous les faits expérimentaux qui sont d'accord avec l'hypothèse de l'éther classique; et puis de plus, elle explique les autres; d'après le compte de M. Bouasse, cela ferait déjà des milliers plus trois.

Et puis, M. Bouasse, qui croit (lui aussi !) toute la Relativité fondée sur l'expérience de Michelson, néglige de nous dire que toute la théorie de l'électromagnétisme, basée sur des milliers d'expériences faites avec grande précision, ne cadre qu'avec la théorie d'Einstein, car elle nécessite l'isotropie de la propagation des ondes dans tous les systèmes.

Voilà donc tous les phénomènes électromagnétiques expliqués par la théorie relativiste, et par elle seule; et ce n'est pas tout, car il se confirme de plus en plus que la matière est formée uniquement d'électrons positifs et négatifs; tous les phénomènes matériels seraient donc des phénomènes électromagnétiques... Alors...

Finalement, M. Bouasse conclut (p. 23);

(1) M. Bouasse appelle sans doute gros phénomènes qui cadrent avec ses théories, et petits phénomènes ceux qui les contredisent ? C'est encore une question de définition...

ceux

« Il n'y a que deux manières de se comporter « devant la théorie d'Einstein: adorer, hausser les « épaules. Nous refusons d'adorer, notre refus est << sans appel. »

Mais il nous donne la raison véritable de ce refus, p. 14:

« Nous acceptons les théories qui nous sont com«< modes; nous refusons celles que nous ne pouvons « comprendre, et qui par cela même nous sont inutiles.

Ainsi donc il avoue que s'il ne veut pas de la Relativité, c'est qu'il ne l'a pas comprise.

On ne peut que féliciter M. Bouasse... de sa franchise.

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