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« de vulgarisation; cela tient à la difficulté de sc « passer de formules mathématiques; le principe de «< celle qui précède est dû à M. G. Moch, auquel je l'ai «< empruntée, en la modifiant suivant mon exemple. << On la trouvera dans son livre: Initiation aux Théories « d'Einstein, que je recommande à mes lecteurs, «< comme le plus clair de ceux qui ont paru sur ce << sujet. >>

Le dommage, c'est que la démontration de M. G. Moch est fausse ! (Voir à ce sujet le chapitre sur G. Moch). Il est piquant de voir ici M. l'abbé Moreux recommander le livre de M. Moch, où il y a toutes sortes de considérations contre la métaphysique provenant à n'en pas douter d'un matérialiste convaincu... En fait de largeur d'esprit, M. l'abbé Moreux aurait été plus avisé de donner sa confiance à l'israélite Einstein qu'au positiviste Moch.

Page 92, il reproduit l'erreur de M. Moch au sujet de la vitesse de la gravitation: « Nous arriverons un jour, dit-il, à enregistrer sa vitesse » et ce jour-là, il faudra «<reviser la théorie actuelle de la Relativité », la nouvelle définition de la simultanéité donnée alors « se rapprochera de celle donnée par la formule du temps absolu, et tout se passera à très peu près comme dans la Mécanique classique. >>

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Hélas non, Monsieur l'abbé ; je vais vous enlever cette illusion en vous disant que les théoriciens de la Relativité ont démontré que «<les effets de la gravitation se propagent avec la vitesse de la lumière » ; il y a même plusieurs démonstrations, qui sont devenues classiques.

Les digressions sur les Eléates, Zénon, Kant, le père Carbonnelle et la signification du nombre «< infini »> ne nous intéressent pas ; je ne m'occupe donc pas de ce qui se trouve dans les chapitres « Espace et Matière » et « l'Univers est-il infini » ? Les Eléates et Zénon m'ont bien l'air (d'après ce que je lis dans le livre de l'abbé Moreux) d'avoir été surtout des amateurs de discussions verbales; pourquoi donc s'évertuer à discuter les aphorismes de ces pseudo-philosophes ? Méritent-ils donc vraiment qu'on leur réponde ?

Le chapitre l'Espace à quatre dimensions renferme une erreur dans son titre même, car la théorie de la Relativité n'a jamais parlé d'Espace à quatre dimensions; c'est seulement M. Daniel Berthelot et M. l'abbé Moreux qui en ont parlé et y ont pensé ; je renvoie pour la critique à l'analyse de l'opuscule de M. Berthelot. Plus loin je note au passage cette assertion :

M. MOREUX. « Supposer que nous habitions au « sein d'un espace courbe, c'est énoncer une suppo« sition qui n'a aucun sens pour nous, puisque c'est « l'étendue phénoménale qui a provoqué en nous « l'idée d'espace, généralisation du donné. Dès lors, << espace et étendue réelle doivent forcément cadrer ».

Réponse. -Pourtant le déplacement du périhélie de Mercure, la déviation des rayons près du soleil, la variation des raies du spectre vérifient l'hypothèse d'Einstein, qui exige que l'espace soit courbe ; devant les vérifications de l'expérience il n'y a qu'à s'incliner... L'étendue phénoménale (qui a provoqué en nous l'idée d'espace) diffère très peu de l'espace euclidien à

notre échelle, pour les phénomènes qui se passent près de nous, et c'est pour cela que nos ancêtres ont été conduits à considérer l'espace qu'ils habitaient comme euclidien. Mais lorsqu'on fait des mesures lointaines de plus en plus précises, il arrive que cette approximation ne suffise plus; c'est ce qui se produit pour la planète Mercure. - La « courbure » de l'espace est très faible, soit. Mais elle existe.

Pour conclure, je citerai ces mots de la préface de M. l'abbé Moreux :

« Il suffit d'être en contact permanent avec le « public pour saisir les causes profondes de son émoi. << Non certes que les traités sérieux sur la Relativité, « s'étalant aux vitrines des éditeurs, aient pu, malgré «<leur multiplicité, pénétrer tous les milieux, mais << simplement parce que nous avons assisté en ces « derniers mois à la glose de la doctrine, par des vul« garisateurs dont la plupart, ayant à peine saisi les << nuances si subtiles des théories en jeu, n'ont pas «< craint d'en dénaturer les conclusions » (pages 182).

Il ne croyait peut-être pas si bien dire... car s'il y a un auteur à qui ces paroles s'appliquent merveilleusement c'est bien l'abbé Moreux lui-même,...

H. BOUASSE. « La question préalable

contre la théorie d'Einstein » (1)

La Rédaction de SCIENTIA, cette revue scientifique internationale qui fait autorité dans le monde entier, nous apprend que l'article de M. Bouasse est le « premier de la grande enquête d'éclaircissement, de critique et d'évaluation que la revue ouvre dans ses colonnes sur la théorie d'Einstein, parmi ses partisans et ses adversaires les plus éminents, auxquels la Rédaction laisse naturellement la plus ample liberté de manifestation de leur pensée. »

M. Bouasse profite largement de cette liberté, il est d'ailleurs familier des polémiques scientifiques violentes. Il ne m'en voudra donc certainement pas de critiquer son article comme lui-même a déjà critiqué bien des savants et souvent à juste titre.

Il commence par nous affirmer clairement sa pensée. « La raison de cette gloire, que je crains éphémère, <«< est que la théorie d'Einstein ne rentre pas dans le «< cadre des théories physiques; c'est une hypothèse

métaphysique, qui par-dessus le marché est incompré<< hensible, double raison pour justifier son succès « (p. 13) »

« Pour bien poser la question, je rappelle ce que << nous demandons à une théorie; nous, c'est tous les << physiciens depuis que la physique existe. Il va de

(1) Article paru dans Scientia, janvier 1923. (N. Zanichelli, Bologne et Alcan, Paris.)

<< soi que j'en excepte les mathématiciens camouflés. » (p. 14)..

Ce que M. Bouasse et tous les physiciens demandent à une théorie, c'est d'être « commode », d' « expliquer les gros phénomènes » (pp. 14 et 15) et de « ne pas contredire le sens commun » (p. 20).

L'hypothèse de l'éther lui semble répondre à ces exigences; pourtant M. Bouasse en «< reconnaît l'étran« geté un milieu qui vibre transversalement comme un « solide, qui pourtant ne gêne pas le mouvement des « corps; ils se meuvent à travers comme si de rien n'était. « Mais qu'importe, puisque la réalité de l'éther n'est « pas en question: Nous lui demandons seulement de « représenter les phénomènes sous une forme aisément « compréhensible et facilement calculable. »>

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Réponse. M. Bouasse, vous êtes large pour les théories, du moins pour celles que vous avez adoptées : il me semble que l'hypothèse d'un éther qui vibre transversalement comme un solide, et qui néanmoins n'offre aucune gêne au mouvement des corps, contredit le sens commun... mais passons...

M. BOUASSE.

<< Fixons le sens des mots raisonnable et absurde, sens traditionnel que « par conséquent « j'ai le droit d'adopter sans injure... » (p. 18).

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Réponse. Voyons un peu l'application de ces traditions (interprétées selon Bouasse) au cas qui nous intéresse.

M. BOUASSE. « Certes les notions (espace, temps, simultanéité...) que nous admettons implicitement

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