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(Astronomie pour tous) (1).

Au moment où cet ouvrage était déjà sous presse ont paru les deux dernières livraisons de la grande publication Le Ciel, dirigée par un savant éminent, M. Berget, livraisons qui contiennent une analyse critique de la théorie d'Einstein.

Malheureusement, quelle que soit l'étendue de la compétence de M. Berget en d'autres questions, elle ne va pas jusqu'à la Relativité...

C'est ainsi qu'il qualifie l'expérience de Michelson de « base de toute la théorie relativiste ». Nous avons déjà vu, à propos des autres contradicteurs, combien cette allégation est contraire à la vérité. Il ajoute même :

M. BERGET. « En présence du résultat négatif de << l'expérience de Michelson, on pouvait tenir deux << attitudes. La première, la plus rationnelle, consis«tait à dire modestement et loyalement : Nous « n'avons pas pu constater le résultat attendu, sans < doute parce que nos méthodes, l'exactitude de nos « moyens de mesure, la perfection de nos appareils ne << sont pas encore suffisantes pour observer un phé«nomène qui est à la limite de la précision humaine«ment réalisable à l'heure actuelle. Il faut donc cher« cher à améliorer à la fois, et nos méthodes, et nos << instruments.

« La seconde attitude, celle qu'ont prise les relati« vistes, consiste à dire avec autorité : « ON NE PEUT << PAS >> constater le phénomène en question. La diffé<< rence, on le voit, est d'importance. La première est (1) Larousse, éditeur.

« simplement la constatation d'un fait, la seconde est << l'affirmation a priori d'une vérité nullement évi«dente» (p. 302).

Réponse. L'expérience de Michelson a été recommencée maintes et maintes fois; on a amélioré les méthodes et les instruments de manière à réaliser une précision bien plus grande que celle strictement nécessaire à l'observation du résultat tel qu'on l'attendait; dans les derniers dispositifs, on aurait pu apprécier un déplacement des « franges d'interférence » égal à un centième de frange, et l'ancienne théorie de l'éther indiquait un déplacement de plus d'une largeur de frange. Or, le résultat a oncore été négatif !

Tout esprit impartial et sensé connaissant ces détails importants est obligé de convenir, à l'inverse de ce que vous dites, que l'ancienne théorie est nettement infirmée par ces résultats. Et si vous ne les connaissiez pas, comment avez-vous osé parler de l'expérience de Michelson ?

Tout le reste de l'article est écrit d'une manière semblable. Citons en passant quelques erreurs :

M. BERGET.

<< Einstein fait reposer toute sa << théorie sur deux postulats. Voici le premier : Le « monde dans lequel nous vivons est construit de telle « sorte qu'AUCUNE OBSERVATION faite sur un système « en mouvement NE PEUT METTRE EN ÉVIDENCE le « mouvement rectiligne et uniforme de ce système...

« Voici le second postulat : Quel que soit le système (sans accélération) où l'on mesure la vitesse de la « lumière et quelles que soient les conditions de cette « mesure, on trouve toujours la même valeur numérique « pour valeur de cette vitesse » (p. 303).

Réponse. D'abord cela ne fait pas deux postulats différents le second n'est qu'une conséquence du pre

mier, car si on trouvait une « valeur numérique différente» ce serait un moyen de mettre en évidence le mouvement du système.

Et puis ce ne sont pas là des postulats, mais des affirmations nécessitées par les bases expérimentales les plus certaines de l'électromagnétisme et par bien d'autres phénomènes encore, et ces affirmations n'ont reçu jusqu'ici de l'expérience que des confirmations.

les

M. BERGET. « CES POSTULATS ÉTANT ADMIS, «< conséquences que l'on en déduit, à l'aide d'un su<< perbe ensemble de travaux mathématiques, sont les << suivantes :

1) Il n'existe pas d'éther... » (p. 303).

--

Réponse. C'est inexact: Prenez donc connaissance de l'opuscule d'Einstein: L'éther et la Relativité (trad. Solovine, chez Gauthier-Villars).

M. BERGET.« En développant ses idées à l'aide « de son magnifique instrument mathématique, Eins«tein arrive à la notion d'un Univers à peu près « sphérique... » (p. 304).

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Réponse. C'est inexact : l'Univers d'Einstein est « cylindrique » : voyez les mémoires originaux ou les traités sérieux à ce sujet.

Un peu plus loin, M. Berget, qui d'ailleurs nous recommande chaudement le livre de Mcch (celui qui est en vente à la même librairie) reproduit les objections de cet auteur au sujet de la vitesse limite; les lecteurs du présent ouvrage en ont déjà vu la réfutation (voir le chapitre sur G. Moch). Mais voici plus fort

encore:

M. BERGET.

« Il y a une autre objection, grave, « celle-là: « Un rayon lumineux, nous dit Einstein, « est doué de masse »; mais, en même temps, toute

<< masse augmente avec la vitesse et devient infinie « si le corps considéré marche avec la vitesse de la « lumière. La masse d'un rayon lumineux doit donc «< être infinie. Mais alors, comment nos corps, qui « reçoivent de tous côtés des rayons de lumière, ne « sont-ils pas pulvérisés, anéantis, par le bombarde«ment continu de cette infinité de projectiles dont «< chacun a une masse infinie, arrivant sur nous à la << vitesse de 300.000 kilomètres à la seconde ? »> (p. 305).

Réponse. Pardon, mais vous confondez ! Vous prenez là le langage de la vieille hypothèse de l'émission, abandonnée depuis Fresnel! Certainement la lumière a une masse, comme toute forme de l'énergie, mais elle n'est pas produite par des projectiles, du moins aucun relativiste ne l'a soutenu jusqu'ici : si la lumière était produite par des projectiles ayant, au repos, une certaine masse, chacun d'eux en arrivant à la vitesse de 300.000 km.-sec. acquerrait une masse infinie; oui mais la lumière n'est jamais au repos; elle va toujours avec la même vitesse, jamais plus vite, jamais moins vite, et vous nous l'avez dit vous-même page 304.

La « masse » de la lumière existe : elle est mesurable; et elle n'est pas infinie...

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M. BERGET. « La relativité généralisée nous con« duit à la notion d'un Univers « fini, quoique illi<< mité », dans lequel un rayon lumineux, après en avoir «< fait le tour par la somme de ses trajectoires curvi« lignes, reviendrait à son point de départ. Les rayons <«< issus du soleil devraient donc revenir converger au « même point après un nombre suffisant de millions « d'années. Le foyer de convergence aurait ainsi les «< caractères d'un vrai Soleil en ce qui concerne la lu

« mière et la chaleur, mais il ne s'y trouverait aucune « matière. Ainsi nous pourrions voir une série de fan<< tômes du Soleil correspondant aux points où il << était il y a un, deux, trois... milliards d'années ! Et <«< on arrive à cette autre conclusion que les étoiles « que nous observons ne sont, peut-être, que des images << optiques d'étoiles antérieures, réalisées par cette «< convergence des rayons revenus à leurs points de « départ !! » (p. 305).

Réponse. Pardon, l'Univers d'Einstein a une structure qui, en gros, est « cylindrique », mais qui, dans le détail, est très irrégulière puisque toute présence de matière y produit une déformation (c'est là l'idée qui est à la base de la théorie de la gravitation d'Einstein) or, nous savons que la matière est répartie, dans les espaces interstellaires, d'une façon discontinue et irrégulière, il suffit de contempler le ciel pour s'en rendre compte... Il en résulte que les rayons lumineux ne peuvent revenir exactement à leur point de départ; avant d'avoir fait le tour complet de l'espace, ils sont certainement dispersés ou même absorbés, et ne peuvent former de « foyers de convergence »; il faut donc abandonner l'idée des << anti-soleils » et des « anti-étoiles » qu'on avait présenté quelquefois comme une conséquence de la conception einsteinienne de l'Univers.

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que

M. BERGET. « Je ne fais mentionner la « fan« taisie » d'un relativiste militant, imaginant un voya« geur quittant notre globe dans un véhicule animé « d'une vitesse très voisine de celle de la lumière, res<< tant deux ans en route, et, après ces deux ans, reve«nant sur la Terre, qu'il trouverait vieillie de deux « cents ans, tout en n'ayant lui-même vécu que deux

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