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AVANT-PROPOS

Parmi les ouvrages parus jusqu'ici sur les théories d'Einstein, il en est un grand nombre qui renferment des erreurs graves. Certains attaquent directement l'œuvre du grand physicien ; d'autres, plus dangereux encore, ont la prétention de l'exposer en la vulgarisant et en réalité la défigurent; les auteurs des uns et des autres n'ont pas compris certains points essentiels des questions qu'ils ont traitées, et c'est ce qui explique leur hostilité ou leurs mauvaises interprétations.

Quelle que soit la difficulté de faire revenir un lecteur sur des idées qui ont déjà pu le séduire, mon but est néanmoins de ramener le public à une vue plus exacte de la question, en mettant en évidence les erreurs commises.

Mais pour les mettre en évidence, il faut d'abord dire où se trouve la vérité. Je suis donc amené, à mon tour, à faire un exposé de la question. J'ai cherché à le faire court, intelligible et à éviter les formules aussi complètement que possible. Ce n'est pas commode; mais j'espère être arrivé à donner au lecteur, non pas une idée complète de la question (c'est impossible sans mathématiques), mais au moins des notions suffisantes pour qu'il sache de quoi il s'agit et puisse répondre aux arguments toujours les mêmes que

certaines personnes répètent indéfiniment contre les bases de la nouvelle mécanique.

Quant aux auteurs que je suis amené à contredire, je respecte profondément leurs personnes; je ne respecte pas les idées qu'ils ont lancées (ils en changeront un jour sans doute...) mais je ne puis leur en vouloir : vous dirai-je, en effet, la manière dont j'ai fait mon apprentissage des théories relativistes ? Eh bien j'ai essayé, pendant cinq mois de travail acharné, de démontrer qu'elles étaient fausses... parce que je n'avais pas compris; mais lorsque j'ai voulu mettre autre chose à la place, j'ai fini par retomber sur les idées et les formules de la Relativité...

Quoi qu'il en soit, les livres qui ont défiguré les théories d'Einstein, livres de contradiction ou de vulgarisation, sont en grande partie responsables de l'hostilité d'une partie du public et même de quelques savants: le travail personnel qu'il faut faire, au point de vue scientifique et philosophique, pour se dégager à la fois des idées anciennes et des assertions de ces ouvrages, est considérable.

C'est ce travail que je voudrais faciliter par un exposé aussi clair que possible, suivi d'une discussion où je procéderai par citations textuelles, me bornant à mettre en évidence, pour les réfuter, les points les plus importants qui n'ont pas été compris, et me limitant aux livres les plus répandus ou émanant des auteurs qui pourraient être considérés comme les plus << autorisés ».

Mais la discussion, je le répète, porte uniquement sur les idées; aussi je m'excuse auprès des auteurs dont je cite les ouvrages à la fin du volume, du tour

parfois un peu vif de mes réponses: c'est là simplement un expédient de style destiné à frapper davantage l'esprit des lecteurs.

ANDRÉ METZ.

P.-S.

J'aurais voulu remercier M. Becquerel

de tout ce qu'il a fait pour moi et pour cet ouvrage; mais il ne me le permettrait certainement pas; et puis j'en aurais trop long à dire...

A. M.

PREMIÈRE PARTIE

La Relativité restreinte

I.

La relativité et ses adversaires

Tout est dit, mais on ne vient pas trop tard... pour parler de la Relativité ; c'est que, si tout est dit, ce << tout >> renferme une grande quantité d'erreurs et surtout d'incompréhensions. Rien que pour les relever et leur répondre, il faudrait déjà des volumes.

Les nouvelles théories de la Mécanique, qu'Einstein a lancées et développées avec quelques illustres physiciens, ont rencontré, dans le monde de la Science, des contradicteurs passionnés ; des philosophes célèbres se sont également dressés contre elles; enfin la plupart des auteurs qui ont prétendu les exposer (et surtout ceux qui ont cherché à les mettre à la portée de tous) ont fait, dans l'interprétation qu'ils en ont donnée, des restrictions graves... Ces restrictions montrent qu'ils n'ont pas compris de quoi il s'agissait.

Y a-t-il là quelque chose qui doive nous étonner ? Non. L'histoire scientifique abonde d'exemples de

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