Images de page
PDF
ePub

--

M. DUBROCA. « valoir du principe de relativité que de dire : « La << vitesse vraie de la lumière à travers le vide est la « même par rapport au système S et par rapport au « système S'. ». Je vais examiner son affirmation, (p. 17)...

D'après M. Einstein, c'est se pré

Réponse.

Evidemment Einstein a raison car le principe de relativité restreinte, le vrai, nous dit qu'il nous est impossible, par des mesures physiques, de distinguer l'état de mouvement (translation uniforme) du repos (par rapport à un système de Galilée).

Si donc, opérant avec des règles et des horloges dans un premier système de Galilée, nous trouvons pour vitesse de la lumière le nombre c, en opérant ensuite dans un autre système en translation uniforme par rapport au premier, avec les mêmes règles et les mêmes horloges, nous devons retrouver le même nombre c, car sinon cette opération nous permettrait de déceler le mouvement « absolu ».

M. DUBROCA. «Le principe de relativité, correcte« ment appliqué, impose cette proposition: la vitesse « de la lumière à travers le vide est sans rapport avec « la vitesse du vide... elle est constante, à condition « d'être rapportée à des axes liés au vide (et non à des << axes géométriques, sans existence objective) » (p.18)... Réponse. Il me semble que les axes « liés au train » ou « liés à la voie » ont tout de même plus d'existence objective que des axes « liés au vide »>< d'autant plus que vous nous avez dit, p. 13, que l'éther n'existait pas ; le vide, c'est alors le néant; direz-vous

[ocr errors]

que des axes liés au néant ont une existence objective ?

M. DUBROCA.« Je reprends l'exemple du wagon << clos (système S') qui chemine en translation uniforme << le long de la voie ferrée (système S). Un observateur << enfermé dans le wagon donne à la lumière qui court « à travers l'air de son système, la même vitesse « vraie » par rapport à S', qu'un observateur au sol « attribue, relativement à S, à la lumière née et trans« mise au sein de l'air calme surmontant la voie « ferrée telle est l'application correcte du « principe « de relativité. » Mais que deux observateurs, à deux « fenêtres distantes du long wagon, notent les instants « où passe devant eux la lumière cheminant dans l'air « tranquille au-dessus de la voie, et qu'ils en déduisent < comme de leur distance, pour la «vitesse vraie» de cette « lumière par rapport à S', une valeur égale à la vitesse «« vraie » relativement à S: c'est une proposition au « sujet de laquelle on n'a jamais sollicité le jugement de « l'expérience, qui n'a rien de commun avec le principe « de relativité, et que l'esprit ne peut accepter (quelque « idée qu'il ait de la lumière, état ou matière)...

Conclusion non douteuse une erreur capitale « est dissimulée dans la source de la théorie pseudo« relativiste de M. Einstein. Admettant le « principe « de relativité » pour les longueurs, les durées et les « masses, et pour l'optique une proposition inconci«liable avec ce principe (1), dès l'origine souffrant

(1) C'est faux : M. Dubroca veut dire que le principe de relatvité d'Einstein (celui qu'Einstein a appliqué à la lumière) est incompatible avec le sien (c'est-à-dire le principe des temps

« d'une grave contradiction, cette théorie n'a ni fonde«ment rationel, ni fondement physique. »

Réponse.

Je ne crois pas que l'erreur capitale soit le fait de M. Einstein... D'abord comment ne tenez-vous pas compte de ce que la vitesse d'un signal lumineux n'a aucun rapport avec le milieu (air de milieu transparent quelconque) ? Ainsi que l'ont montré M. Sommerfeld et M. Léon Brillouin, la vitesse d'un signal lumineux, qui est distincte de la vitesse de phase, est toujours c. D'ailleurs pour l'air ceci n'a pas d'importance, et même si on parle de vitesse de phase, c'est encore le même nombre c.

C'est ce qu'on exprimait, avec la théorie de Fresnel, sous la forme suivante : « l'entraînement des ondes lumineuses par l'air est presque nul, son indice de réfraction étant à très peu près le même que celui du vide. » Aujourd'hui on l'explique différemment avec la théorie d'Einstein, au moyen de la composition des vitesses; mais le résultat expérimental subsiste.

Conclusion non douteuse une erreur capitale est dissimulée (1) dans la source de la théorie pseudo-relativiste de M. Dubroca: il n'a pas compris ce fait, admis par tous depuis longtemps, que la vitesse de la lumière dans l'air tranquille (et, à fortiori, dans le « vide commandé par S») était la même que dans l'air en mouvement (et, a fortiori, dans le « vide commandé par S' ».) Après l'énoncé de cette erreur capitale, M. Dubroca

propres et des dimensions propres); au contraire ils sont tout-àfait compatibles et se complètent logiquement l'un l'autre.

(1) Mais pas très habilement dissimulée, car, avec un peu d'attention, on la découvre facilement.

discute sur les possibilités de vérifications de la théorie d'Einstein; « à cause de la petitesse du rapport

devant 1, les formules ne peuvent recevoir de l'ex«périence que des confirmations indirectes; selon un « adage des anciens Romains, c'est dans la queue que « se dissimule le venin » (p. 27).

Ainsi le fait que les vérifications sont indirectes milite contre la théorie ?.. mais il y a bien peu de théories physiques qui se prêtent à des vérifications directes, au sens étroit que M. Dubroca attache à ce mot; et il n'y en a aucune qui possède un faisceau de vérifications expérimentales aussi complet, venant de tous les domaines de la Physique et de la Chimie...

Pour l'expérience de Fizeau, M. Dubroca trouve qu'Einstein, dans son interprétation a tort d'« omettre la discontinuité entre les vitesses des deux milieux propagateurs successifs », il estime en effet qu'on n'a pas le droit de rapporter la vitesse de la lumière dans le liquide à d'autres axes qu'à des axes « liés au liquide» (p. 32)... Evidemment, si on s'en tient au principe de relativité restreint et simplifié par M. Dubroca. Mais, avec le principe de relativité classique (appliqué par Einstein à la propagation de la lumière) l'interprétation d'Einstein s'impose.

M. DUBROCA.

[ocr errors]

<< formule établie

«Grâce à ce choix du nombre w, la

par Einstein diffère peu de la formule

« de Fresnel. La concordance satisfaisante des deux

<< formules est simplement un miracle algébrique ; « elle n'a pas de valeur physique... >>

Réponse.

Mais Monsieur, les esprits même très

religieux de notre époque (j'en suis) croient que le miracle est un fait extraordinairement exceptionnel, ils ont même tendance à n'en voir pour ainsi dire nulle part, convaincus que l'harmonie du monde est la plus belle preuve de l'existence du Créateur... Je ne crois pas au «< miracle algébrique. » Si Einstein explique les résultats de Fresnel et de Fizeau par sa théorie, c'est que celle-ci a une valeur explicative remarquable... qui s'étend non seulement à ces expériences, mais à la Physique tout entière et à bien d'autres domaines...

Après une discussion confuse des autres vérifications expérimentales (variations de la masse électronique avec la vitesse, déplacements des raies specttrales) M. Dubroca conclut en «< souhaitant la venue << d'un nouveau Descartes, fort de son œuvre et de « son talent, qui balayant les obscurités de l'algèbre « physique et fouettant les renoncements de l'empi«<risme, proclamera, pour la seconde fois en l'espace « de trois siècles, la souveraineté de la lumineuse « raison, la raison par quoi l'homme participe de la << nature divine. »>

Eh quoi ! Descartes n'était-il pas mathématicien, algébriste même ? n'a-t-il pas, en fondant la géométrie analytique, ramené la géométrie elle-même à l'algèbre ?... Quant à la raison, la théorie de la Relativité est justement la synthèse rationnelle la plus puissante qui ait vu le jour jusqu'ici. Ceux qui se figurent qu'elle atteint en quoi que ce soit la souveraineté de la raison sont ceux qui ne l'ont pas comprise.

« PrécédentContinuer »