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comment avoir une extrémité d'une chose, sans avoir l'autre extrémité. L'àme dit: mange, et le corps se donne des fêtes. L'âme dit: l'homme et la femme ne seront qu'une chair et qu'une àme, et le corps ne s'unit qu'à la chair. L'âme dit : domine toutes les choses pour le triomphe de la vertu, et le corps conquiert cette domination pour la faire servir à ses propres fins.

L'âme lutte vigoureusement pour vivre et travailler à travers tous les obstacles des choses. Ce fait devrait être notre seul modèle et alors toutes les choses s'enchaîneraient et s'uniraient, puissance, plaisir, science, beauté. Mais l'homme individuel veut être quelqu'un, il veut s'en tenir à ses propres affaires; il commerce et vend en vue d'un bien particulier; il monte à cheval pour monter à cheval, il s'habille pour s'habiller, il mange pour manger et gouverne pour paraître. Les hommes cherchent à être grands. Ils voudraient avoir les places, la richesse, la puissance et la renommée. Ils pensent qu'être grand c'est jouir d'un des côtés de la nature, la douceur, en évitant son autre côté, l'amertume.

Mais la nature déjoue vite cette division. Jusqu'à ce jour, il faut l'avouer, aucun faiseur de projets n'a obtenu le plus petit succès. L'eau séparée se réunit sous notre main. Dès l'instant même où nous essayons de les séparer du tout, le plaisir se recueille hors des choses agréables, le profit nous arrive hors des choses profitables, la puissance hors des choses puissantes. Il nous est aussi impossible de diviser les choses et de chercher le bien sensuel pour lui-même que de rencontrer l'intérieur dans l'extérieur ou la lumière dans l'ombre. « Chassez la nature à coups de fourche, dit le proverbe, et elle revient en courant. >>

La vie est encombrée d'inévitables conditions que les fous cherchent à éviter; ils se vantent de ne pas les con

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échappent ii-même, ou, ouble façon; lle; secon

naitre et prétendent qu'elles ne les touchent pas; mais la vanterie n'est que sur leurs lèvres, tandis que leur àme sent la fatalité de ces conditions. d'un côté, elles les attaquent da plus vitale d'eux-mêmes. S'ils ne let apparence, c'est qu'ils ont résiste qu'ils ont fui loin d'eux-mêmes, et n'est rien moins que la mort. Si é

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crime de

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tous les essais qui cherchent à sépasien de l'obligation, que l'expérience ne saurait être tentée-et la tenter, c'est folie—par aventure, sans qu'aussitôt que commence cette maladie de la rébellion et de la séparation l'intelligence ne soit infectée, sans que l'homme ne cesse de voir Dieu dans sa plénitude en chaque objet; alors il n'est plus capable que de reconnaitre les attraits sensuels d'un objet, sans être capable de reconnaitre en même temps le préjudice de ces attraits; il voit la tête de la syrène, mais non la queue du dragon et pense qu'il a séparé tout ce qu'il désirait posséder de ce qu'il ne désirait pas. « O combien secrètes sont tes voies, toi qui habites dans les profondeurs des cieux, ô Dieu, toi qui seul es grand, et dont l'infatigable providence jette l'aveuglement comme châtiment sur les yeux des hommes qui nourissent des désirs sans frein'.»>

L'âme humaine connaît la vérité de tous ces faits et les a peints dans les fables, dans les histoires, dans les lois, dans les proverbes, dans les conversations. Les vérités parlent à l'improviste dans la littérature. Ainsi, les Grecs appelaient Jupiter l'esprit suprême; mais comme ils avaient traditionnellement attribué à ce dieu plusieurs basses actions, ils ont fait involontairement amende honorable à la raison en enchaînant, pour ainsi dire, les mains d'un si mauvais dieu. Dans son Olympe,

Confessions de saint Augustin.

il est aussi peu soutenu qu'un roi constitutionnel d'Angleterre. Prométhée sait un secret qui force Jupiter à

entrer en affaires

ront qu'une c qu'à la chair. I le triomphe mination p

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́ ́ lui; Minerve en sait un autre. Il

pain ses propres foudres; Minerve

De tous les dieux, moi seule conrent les solides portes des apparteoigs sommeillent. » C'est une confesvre équilibrée du grand tout et de sa fin morale. Lologie indienne finit par la même morale, et en vérité il est impossible qu'une fable soit inventée et obtienne quelque circulation sans être morale. L'Aurore oublia de demander la jeunesse pour son amant et ainsi Tithon, bien qu'il soit immortel, est vieux. Achille n'est pas complétement invulnérable, car Thétis le tenait par le talon lorsqu'elle le plongea dans le Styx et les eaux sacrées ne mouillèrent pas cette partie de son corps. Siegfried, dans les Niebelungen, n'est pas tout à fait invulnérable non plus, car une feuille tomba sur son dos tandis qu'il se baignait dans le sang du dragon et la place que recouvrit cette feuille est vulnérable. Il en est toujours ainsi. Il y a une félure dans chaque chose que Dieu a faite. Toujours reparaît à l'improviste cette vindicative circonstance, toujours même dans la poésie au moyen de laquelle l'imagination humaine essaye de se donner une joie téméraire, de se débarrasser et de se libérer des vieilles lois, se rencontrent le contre-coup du fusil déchargé, le choc en retour qui nous affirment que la loi est fatale, que dans la nature rien ne peut être donné, que tout doit être payé.

C'est là ce que veut dire cet ancien mythe de la Némésis qui surveille l'univers entier et ne laisse aucune offense sans châtiment. Les Furies, disaient les anciens, sont les servantes de la justice; et si le soleil lui-même s'écartait de sa route, elles le puniraient. Les poëtes

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le¬nt Mets, va ser & ME ATPIS et je tua. La vie e a fum a geie meione chose de divin. Clema eledu 2 #fran al Özçit de sa volonté. LA Deleuz par le 'all st cene dans laquelle À 1 2002 jour Del & Deiiert parse & Ji-même est zele ou à 1 ca 15, QIL derque de sa constiMol. A bi has de sa big acre avetike ; celle die was beavers abaianas par a chair d'un seul aise, mas qt i vous sera iade é aistrare par l'étude œ juisters, emme talk, Sura general de tous. Ce 1 est pas Piñas que je verk COLLETE, mais l'œuvre de. Dome Cats des ancien monde bractique. Le nom en la vie de Pindas, quaçu dises excellentes pour iste, Des en barrassent kesque nous nous elevons la supreme criga. Nas destros savoir ce que tomme tendait à faire dans une période donnée, à connaître la pensée qu'il cherchait à exprimer et qui fut empèches on, si vous aimez mieux, modifiée par les volontes de Phidias, de Dante, de Shakspeare, organes par lesquels l'homme s'exprima à ce moment.

Encore plus frappante est l'expression de cette loi de la compensation dans les proverbes de toutes les nations, qui sont toujours la littérature de la raison, ou Fénonciation sans talent d'une absolue vérité. Les proverbes, ainsi que les livres sacrés de chaque nation, sont

le sanctuaire de l'intuition. Ce que le monde paresseux, enchaîné aux apparences, ne permettrait pas de dire au réaliste, les proverbes le lui diront sans qu'il songe à les contredire. Et cette loi des lois, cette compensation que la chaire, le sénat et le collége nient, est prêchée journellement dans tous les marchés, exprimée dans toutes les langues par des nuées de proverbes, dont l'enseignement est aussi vrai et aussi universel que la présence en tout pays des oiseaux et des insectes. Voyez plutôt.

Toutes les choses sont doubles : l'une est le contraire de l'autre.-OEil pour œil, dent pour dent, sang pour sang, mesure pour mesure, amour pour amour.- Donnez et il vous sera donné. Celui qui mouille sera mouillé lui-même. — Que désirez-vous? demande Dieu; payez le prix de ce que vous demandez et prenez-le. Qui n'aventure rien n'a rien. Tu seras payé exactement selon ce que tu auras fait, ni plus ni moins.- Celui qui ne travaille pas ne mangera pas. Mauvaise surveillance, maigres profits. Les malédictions retombent toujours sur la tête de celui qui les prononce.- Si vous passez une chaîne autour du cou d'un esclave, l'autre extrémité de la chaîne s'attache à vôtre cou.- Un mauvais conseil couvre de confusion celui qui l'a donné. Le diable est un àne.

Les proverbes s'expriment ainsi, parce qu'il en est ainsi dans la vie. Notre action est maîtrisée et caractérisée en dépit de notre volonté par les lois de la nature. Nous courons vers un petit but qui soit tout à fait en dehors du bien public; mais nos actions, comme par un irrésistible magnétisme, se rangent d'elles-mêmes sur une même ligne avec les pôles du monde.

Un homme ne peut dire une parole sans pour ainsi dire se juger lui-même. Volontairement ou involontairement, il dessine son portrait aux yeux de ses compa

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