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JUSTIFICATION DES ÉDITIONS ET DU TIRAGE

Il a été fait du présent ouvrage :

Une PREMIÈRE ÉDITION tirée à

2.200 exemplaires sur alfa, en novembre 1924.

Deuxième tirage, à 2.200 exemplaires sur alfa en janvier 1925.

Le présent exemplaire appartient au premier tirage de la DEUXIÈME ÉDITION dont le bon à tirer à 2.200 exemplaires a été donné le 13 janvier 1926.

Tous droits de reproduction, de traduction et d'adaptation
réservés pour tous pays

Terquem' 10-13-46 13547

AVANT-PROPOS

E dessein principal du présent ouvrage est de rappeler, à l'occasion de quelques débats contemporains, l'importance primordiale d'une saine théorie de l'intelligence, et d'ouvrir quelques perspectives sur la critique de la connaissance selon Aristote et saint Thomas. A défaut d'un exposé systématique et complet, on trouvera du moins dans ce livre une certaine vue de la vie propre de l'intelligence, qui constitue à nos yeux l'essentiel de cette critique, et qui fait l'unité interne des études réunies ici.

Dans les deux premières nous nous sommes proposé de mettre directement en lumière les principes fondamentaux qui commandent la philosophie de la connaissance en général, de l'intelligence et de sa vie propre en particulier.

Après cela il nous a fallu, à propos des théories de M. Blondel, essayer de restituer contre certaines déformations le vrai visage de l'intelligence spéculative, considérée surtout dans son activité philosophique.

Pascal attire notre attention sur un autre

aspect de la vie de l'intelligence, sur le mouvement concret de l'intelligence vers l'acte de foi surnaturelle, mouvement où interviennent déjà les attraits de la grâce, et où les dispositions du vouloir jouent un rôle essentiel. Déficient dans l'ordre métaphysique, le réalisme pascalien n'a sa vraie signification que dans l'ordre apologétique.

La Mathématique des phénomènes, la science physico-mathématique qui depuis Descartes règne sur la pensée moderne, et dont les théories d'Einstein, quelle que puisse être la durée de leur succès dans le monde savant, sont un abou. tissement des plus curieux au point de vue épistémologique, nous fait considérer l'activité de l'intelligence dans un domaine où elle souffre une sorte de violence, et où elle doit, -aveu auquel elle se résigne à grand'peine, et qu'elle reste à chaque instant tentée de démentir, renoncer à pénétrer le réel pour mieux dominer les appa

rences.

Par un effet de contraste, les théologiens pragmatistes et pluralistes nous instruisent encore, en nous montrant où conduit une radicale méconnaissance pratique de la vie de l'intelligence, jointe à la prétention de philosopher.

Enfin une étude à grands traits du réalisme thomiste nous ramène à l'idée authentique de l'intelligence et de sa vie, envisagée en connexion avec l'idée authentique de la nature humaine, également essentielle à toute saine

culture, et également corrompue dans les temps modernes.

Le bienveillant lecteur nous permettra maintenant de l'avertir que cet ouvrage ne saurait avoir d'intérêt, ou même de signification, que pour les esprits qui reconnaissent la légitimité et la primauté du point de vue métaphysique. Les problèmes qui concernent la nature et la valeur de la connaissance ne sont pas, comme le croient aujourd'hui tant de gens fascinés par l'illusion du « concret vécu », du ressort de la psychologie, et d'une étude, même « transcendantale (?) du contenu de la conscience. Ils relèvent du métaphysicien, je veux dire qu'ils dépendent d'une lumière qui est celle du degré d'abstraction métaphysique. La métaphysique du connaître forme normalement l'introduction de la métaphysique de l'être. Dès qu'il s'agit du domaine propre de l'intelligence, il faut dire aux passants de bonne volonté que nul n'entre ici s'il n'est métaphysicien.

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